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«La fille de l'usine» de Mohamed Khan: Un rêve d'amour

«La fille de l’usine » a été projeté  lundi soir au Théâtre régional Azzedine Medjoubi, en hors compétition, en hommage au cinéaste égyptien Mohamed Khan. Le film  touche à la thématique du statut de la femme. Hiyam, 21 ans,  est ouvrière dans une usine de textile. Romantique, elle rêve de se marier. Eprise d’amour pour l'ingénieur Salah, contrôleur de l'usine, elle échoue à nouer une relation avec lui. Trop de clivages sociaux et de malentendus vont transformer son rêve en cauchemar.

Soupçonnée d'être enceinte, Hiyam est montrée du doigt par sa famille.  Le regard féminin est bien présent dans ce film écrit par la scénariste  Wissam Suleiman. Le cinéaste a su plonger dans  l'univers psychologique des femmes qui, bafouées ou aimantes, sacrifient parfois leur vie pour l’autre mais en gardant la tête haute. C’est ce qu’ a voulu montré Mohamed Khan qui possède, à son actif, d’autres longs métrages, tels « Downtown Girls »,  « In the Heliopolis Flat », « Kharaja wa lam yaoud » (Porté disparu) et « Dreams of Hind ».

« La fille de l’usine » a été tourné dans une vraie usine et des quartiers défavorisés d’Egypte. Lors d’un point de presse ayant suivi la projection, la comédienne Ibtihal El Serety, qui a interprété le rôle de  Nasra, amie de Hiyam, a évoqué sa fierté d’avoir travaillé avec Mohamed Khan «un cinéaste engagé et positif ». « Ce film fut un défi. Il constitue l’une des plus importantes expériences cinématographiques de ma vie.

Mohamed Khan s’est toujours attelé à filmer la femme des classes sociales marginales pour faire entendre leur voix», a-t-elle déclaré. Elle souligné que le film, qui a été soutenu par des fonds arabes comme celui de Sanad aux Emirats arabes unis, n'a pas eu un grand budget. Selon elle, le cinéma commercial est entrain de s'imposer en Egypte bénéficiant des soutiens financiers au détriment du cinéma d'auteur.