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Maintenant ils peuvent venir de SALEM BRAHIMI : Histoire d’une famille durant la décennie noire

Dernier film en compétition au 2e Festival de Annaba du film engagé, Maintenant ils peuvent venir de Salem Brahimi a été projeté lundi soir au Théâtre régional Azzedine-Medjoubi. Coproduction algéro-française
et représentant l’Algérie à ce festival, Maintenant ils peuvent venir est le troisième film algérien en compétition avec Chroniques de mon village de Karim Traïdia et Le Tableau troué de Djamel Azizi. Adapté du roman éponyme d’Arezki Mellal (qui a cosigné le scénario avec Salem Brahimi), Maintenant ils peuvent venir est l’histoire d’un couple, Noureddine (interprété par Amazigh Kateb) et Yasmina (Rachida Brakni) durant la décennie noire. Un homme et une femme qui construisent une famille, une vie, qui rencontrent des difficultés dans un contexte historique et politique douloureux. Dans un pays où «le socialisme se meurt» et que l’islamisme prend de plus en plus de place dans l’espace public, Noureddine qui travaille dans une imprimerie épouse la belle Yasmina et «avec elle, il apprend l’amour, la famille, la résistance. Malgré l’horreur. Malgré la violence.  Noureddine assiste, impuissant, aux changements qui se déroulent dans son pays, mais essaie de faire triompher la vie en continuant à vivre, en fondant une famille, en allant travailler chaque matin... Mais quelle est sa réaction, lui qui trouve refuge dans l’écriture, lorsqu’il sera confronté à la violence ? Une des questions que l’on se pose tout au long du film et à laquelle il répond dans la toute dernière scène.  Au cours d’une conférence de presse, organisée à l’issue de la projection animée par le réalisateur Salem Brahimi, Amazigh Kateb et la productrice Michèle Ray-Gavras, les choix et les partis pris sont expliqués ; le principal a été de mettre en avant la part intime et la vérité des personnages. Pour Salem Brahimi, il a été important dans sa démarche de «ne pas donner de leçon politique et d’être très sobre à l’image». Questionné à propos de la fin sombre de son œuvre, le réalisateur répond que dans tout le film «il y a des éléments très positifs», mettant en avant l’«hommage à la fraternité et à la résistance au quotidien. Je trouve qu’on n’en parle pas assez». Amazigh Kateb, dont le rôle central dans ce film est sa première expérience cinématographique, a précisé que «le film est une histoire qui se passe dans une époque et non pas un film sur une époque».S. K.

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