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Festival d’Annaba du film méditerranéen , Le monologue de la muette : ou la dure condition d’une exilée sénégalaise

Le film documentaire Le monologue de la  muette des réalisateurs Khady Sylla et Charlie Van Damme, consacré à la servitude de la femme rurale partie en ville, à Dakar, au Sénégal, travailler en tant que "bonne", pour subvenir aux besoins de sa famille, a été projeté lundi dernier, dans la catégorie hors compétition au niveau de la cinémathèque, dans le cadre du festival d’Annaba du film méditerranéen (FAFM). D’une durée de 45 mn, ce documentaire, produit par Athénaise Iota  production Karoninka, décrit la servitude ordinaire subie par Amy, une jeune femme partie de sa campagne, pour travailler en tant que bonne à tout faire chez une famille résidant dans la capitale. Elle partage, à travers un monologue long et assourdissant, son quotidien rude fait de travaux ménagers à longueur de journée en échange d’un pécule qui permet un tant  soit peu de subvenir aux besoins de sa famille, demeurée dans sa ville  natale. "Exilée", elle subit son quotidien avec calme et dignité. Elle arrive, par le geste et la manière, à faire partager sa servitude fait de rébellion  contenue et de désir d’évasion.
La vie d’Amy, en tant que bonne célibataire, puis épouse délaissée par son mari, parti ailleurs en quête d’un lendemain meilleur, et ses rêves et désirs de se libérer de la misère qui sévit dans son pays, n’est en fait  qu’un "prétexte" pour interpeller tout un chacun sur la vie dure subie par  la femme sénégalaise. Van Damme, confie que l’histoire d’Amy, dont les données biographiques  sont réelles, relate également d’autres phénomènes comme celui du travail au noir des enfants ou l’exploitation des hommes dans le travail laborieux de la terre, dans des conditions extrêmement difficiles. Le monologue de la muette, est un documentaire à travers lequel les femmes sont filmées, dans leur quotidien, avec et dans leur spontanéité. Ce  qu’elles disent, ce qu’elles sont et ce qu’elles pensent, sont saisies  crus et en toute simplicité. Le FAFM propose dans sa 3e édition 20 films pour la catégorie long métrage et films documentaire dans la compétition officielle pour  décrocher le jujubier d’or. (APS)

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